Reservation

Reservation

Map Icon

  • Google+ (+261) 33 15 472 45
  • contact@beloentremer.com
  • version français - English version

Ça y est : la piste entre Morondava et Belo sur mer est ouverte !

mai 11, 2014

C’était le principal sujet de conversation entre nous, Morondaviens et Bélusiens, car l’ouverture de la piste est pour tous, même si la traversée par mer reste un grand moment, une respiration supplémentaire. Quand ? Qui s’y risquerait ? Dans quel état serait la piste après la saison des pluies, même si presque deux mois s’étaient passés depuis la dernière averse ?

Nous attendions tous que s’y risque l’un des propriétaires des salines d’Antsira, connu pour sa détermination et ses compétences en conduite tout terrain. Mais occupé ailleurs et quoique piaffant d’impatience, il retardait son départ de jour en jour… Finalement, le bouche-à-oreille, extrêmement rapide dans ces régions, fit circuler la nouvelle : quelqu’un s’était risqué. Une voiture comme ci, disait l’un, non comme cela disait l’autre… Avec des pirogues sur le toit, disait un troisième… Ils sont passés ! répétait le chœur.

Il fallait tenter.

Lorsque nous quittâmes la route nationale, nous, les trois passagers et Faly, le chauffeur émérite de Loic Aventures, nous avions le souffle un peu court. D’excitation et de crainte à la fois. Passerions-nous ? Ne passerions-nous pas ? Comment serait tel passage généralement boueux ? Et les rivières ?

sur la piste Morondava vers Belo sur mer

Nous nous regardions avec assurance : cela va aller…

Très vite, nous nous laissâmes aller à la joie. De retrouver les étangs, avec leurs floraisons de nénuphars, leurs zébus paissant, de croiser des villageois, avec leurs lamba colorés et leurs visages rieurs, de traverser les villages où les enfants nous interpellaient, d’apercevoir, croisant la route d’un pas pressé, des Couas avec leurs longues queue trainante, ou alors un Coucal s’envolant dans des arbres tout verts de la récente saison des pluies. Les branches, encore resserrées, claquaient bien quelquefois contre les rétroviseurs, mais nous roulions d’une bonne allure.

Première rivière, prise un peu plus bas que d’habitude : de l’eau à peine jusqu’aux moyeux des roues.

Ici, ça va, nous dirent les villageois du « péage », en recevant leur petit billet rituel, mais là bas, ah ! on ne sait pas…

L’odeur douce de ces plantes aux fleurs roses dont on tire une concoction pour le traitement de l’alcoolisme, était enivrante. Et même le parfum de latérite était un plaisir retrouvé.

Une petite montée dans le sable, à la sortie d’un ruisseau, nous inquiéta un instant. Après deux ou trois essais, Faly reprit son élan et la voiture repartit de plus belle.

Aux villages, nous demandions : des voitures sont passées ? Comment est la piste ?

Ils hochaient la tête… Oui, des voitures étaient passées, mais jusqu’à Belo ? Qui sait ?

À l’approche de la seconde rivière, nous étions plus inquiets. Un groupe d’hommes, avec de belles couvertures légères drapées sur l’épaule, attendaient le chaland : « oh, pour la rivière, ça va, il faut juste aller un peu plus bas. Mais à Ankevo, c’est grâve be (très grave)… Il faut que nous venions avec vous. »

L’on se mit d’accord sur un prix. Aller jusqu’à Belo et retour avec le chauffeur, quatre hommes à jucher sur les pare-chocs et le toit, pour nous aider à sortir des ornières au cas où.

Leur aide ne fut pas inutile pour retrouver la piste après la traversée à gué, qui était peu impressionnante.

Mais restait le « trou d’Ankevo »…

Tandis que nous roulions, nous entendions les éclats de rire et de voix de nos « pisteurs », ravis de cette aubaine. Les charretiers que nous croisions avaient le visage légèrement interloqué de ceux qui n’ont pas vu de voiture et encore moins de Vazaha durant quatre mois. Les baobabs levaient vers le ciel leurs doigts implorants.

Enfin, ce fut Ankevo Terre. La nappe d’eau brune était juste après.

Le « grâve be » était un argument de vente : il n’y avait ni plus ni moins d’eau que d’habitude, peut-être simplement sur plus de longueur qu’en cours de saison. En notre for intérieur, nous pestions contre cette entourloupe, néanmoins de bonne guerre.

Arrivés au début de la saline, puisque nous étions dans les bons temps de marée, Faly s’engagea sans hésiter sur la « version courte ». Il avait raison, la croûte était bien sèche et le vent s’engouffrait gaiement dans l’habitacle.

Etait-ce pour se venger un peu de nos pisteurs ? Il les fit descendre sous le prétexte d’une bifurcation à confirmer, et remontant dans la voiture, repartit… pour quelques mètres.

En un rien de temps, nous arrivions à l’hôtel, retrouvant avec joie notre petite équipe, nos bungalows, nos plantations et notre vue imprenable sur la mer. Nous étions à nouveau chez nous.

Share this:

  • Facebook
  • Twitter

Write your comment